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26 déc. 2011

[INTERVIEW] : Austra


Je nous vous l'avait jamais révélé mais j'ai déjà rencontré Austra ! C'était à RES en aout dernier, j'ai eu 5mins et un horrible mec m'a interrompu me demandant si je voulais bien traduire un truc pour lui au groupe. BREF, bien que le groupe ait été super sympa je n'ai pas pu tirer grand chose de cette rencontre. Comme on ne s'avoue jamais vaincues chez Psychedelic Electric on est reparties à leur rencontre.


Vous avez joué pas mal de fois en France qu’est-ce que vous pouvez nous dire du public français en comparaison aux autres ?

Katie : Bah en fait la France c’est carrément un des pays où on préfère jouer dans le monde. Surtout notre concert à Bordeaux où tout le monde était super fou et wild mais hier on a joué a Nantes et c’était super bien aussi.

2011 a été un grosse année pour vous, quels sont vos plans pour 2012 ?
Katie : 2011 a vraiment été une grosse année pour nous, on a repoussé nos limites, on a dit oui à presque toutes les opportunités qui s’offraient à nous ; on a beaucoup évolué donc je pense que 2012 va nous permettre de nous relaxer, on veut prendre le temps d’écrire, de faire des tournées plus petites.

Donc pas d’album prévu ?
Katie : Si justement on va l’écrire et l’enregistrer, c’est le plan pour 2012 !

Dans pas mal d’interviews on peut lire que tu te considères comme une icône gay et que vous définissez le groupe comme « un groupe gay », est-il nécessaire de savoir ça pour comprendre votre musique ou tout simplement l’apprécier ?
Katie : Non je ne pense pas que ça soit absolument nécessaire de le savoir pour apprécier notre musique ou la comprendre mais personnellement j’ai toujours trouvé ça super excitant de savoir qu’un artiste que j’aimais était gay. Il y a pas tellement d’artistes gays dans le monde alors je me suis dit que s'il y avait des gens qui pouvaient ressentir la même chose que moi alors ce serait cool. Je pense que c’est important pour les gens qui se sentent concernés par le fait qu'on soit un groupe gay et que ce n’est pas important pour les autres.

On a lu que tu avais eu une éducation musicale classique pendant de nombreuses années, comment ça se fait qu’il n’y a pas d’instrument classique dans le groupe ?
Katie : Eh bien je ne pense pas qu’il y ait absolument besoin d’instrument classique pour produire de la musique classique. Même sans les instruments j’ai toujours cette influence classique c’est juste que j’ai choisi de faire un autre style de musique mais par exemple j’écris tous les morceaux en partant du piano c’est une façon plus moderne de faire du classique.

On vous a vu joué plusieurs fois à Paris et on bien l’impression que toi et les deux choristes faites un sorte de chorégraphie, c’est vraiment le cas ?
Kathy : (elle rigole) Non vraiment pas ! On ne sait pas trop ce qu’on fait c’est du freestyle. D’ailleurs à nos débuts on avait beaucoup de mal à regarder des vidéos de nous parce qu’on avait trop honte ! Mais maintenant ça va un peu mieux, on a plus peur du ridicule.

Qu’est-ce que tu sais dire en français ?
Kathy : euh bah plein de choses en fait ! J'ai étudié le français au Canada pendant 10ans: "bonjour comment ça va ? Où est le … je sais pas quoi d’ailleurs !" (rires)

On a entendu que tu avais comme influence Bjork ou encore Fever Ray, quelles sont tes autres influences ?
Katie: Jaime plein de choses différentes du genre Hercule and Love Affair, Kate Bush, Nine Inch Nails, et plus récemment de la musique electro.

Si tu pouvais jouer avec un artiste mort ou vivant, qui ça serait ?
Katie: Je pense que j’aurais aimé jouer avec Nina Simone, à mon avis c’était une femme extraordinaire.

Quel est ton « guilty pleasure » quand tu es en France ?
Katie: Le vin et le fromage évidemment !

Pour toi, quel est le meilleur album de 2011 ?
Katie: Le dernier album de Bjork, Biophilia. Il est vraiment cool !

Es-tu plus psychedelic ou electric ?
Psychedelic !

Peux-tu décrire ta musique en 4mots ?
Électronique, mélodramatique, pop et... j’en ai que 3 !

Qu’est-ce que tu penses des hipsters ?
Je ne les déteste pas ! J’ai eu pleins de débats là dessus et je pense que les hipsters sont la représentation de notre génération comme les hippies l’étaient aux années 60, les punks en 70. Je connais pas mal de hipsters et le fait qu’ils en soient ne les empêche pas de faire des choses artistiques super bien. Donc je pense qu'il y a des bon hipsters et des mauvais hipsters.

Quel a été votre pire concert ?
Avant je bookais mes propres dates et on en avait une de prévu sur la côte ouest canadienne très très loin, on a dû conduire 9h depuis Vancouver . Le concert devait avoir lieu dans une pizzeria, une fois arrivés là-bas le concert avait été annulé alors ils nous ont donné des pizzas gratuites et puis voilà.

Il y a comme une atmosphère «ensorcelante » est ce que c’est fait exprès ?
Dans le groupe il y a plusieurs membres qui sont super intéressés par le surréalisme, le fantastique, la mythologie toutes ces choses-là et je pense qu’on essaie d’intégrer certains de ces éléments dans ce qu’on fait donc oui je peux tout à fait comprendre qu’on ressente cela.

Remerciements: Christophe @ Domino Records

14 nov. 2011

Interview: Craft Spells


Nous sommes parties à la rencontre du groupe américain Craft Spells, dans notre nouvelle salle parisienne préférée j'ai nommé le Petit bain. Ces quatre américains venu de Seattle sont bourrés d'humour et ils ne se sont pas gênés pour nous le faire savoir !
Et vous pouvez toujours lire la review du concert ici


Comment comment ça va ?

Biiiien !

Alors pour commencer on aimerait savoir d’où vient votre nom ?

Justin : A la fac j’étais intéressé par les chamans et les tribus indigènes, je lisais des livres là-dessus. C’est la plus merdique des réponses mais c’est vrai ! (rires)

Votre pochette d’album ressemble aux visuels de New Order, votre musique sonne très 80’s. Est-ce que c’est une inspiration directe ?
Justin : Ouais carrément ! J’ai grandi avec les 80's parce que mon père était un grand fan de New Order. Par contre la pochette ce n’est pas un hommage à la pochette de Power, Corruption & Lies. C’est vrai qu’elles sont assez similaires mais en fait pas vraiment à part le bouquet de fleur. Les fleurs c'est juste le parfait symbole pour illustrer notre album.
Et à part les années 80, c’est quoi vos influences ?
Justin : A part les années 80? Les années 90! (rire) Euh je sais pas trop, je suis un grand fan des Beach boys, j’ai écouté pleins de choses pendant l’enregistrement de l’album, plein de merdes je dois l’avouer ! J’aime bien la pop suédoise par exemple !

Si vous pouviez jouer avec un artiste mort ou vivant, ce serait qui ?
Justin : Oh oui je sais Alex Chilton des Big Stars ! Putain ça serait trop cool, vous connaissez ?
PE : non…
Justin : C’est le générique de That 70’s Show. (Il chante) En fait, c'est pas eux qui chantent le générique mais c'est bien leur chanson. Bah ça c’est leur pire chanson, mais tout le reste est super ! Faut absolument que vous écoutiez.
Demain vous achevez votre première tournée en Europe comment ça s’est passé ?
Justin : Je ne savais pas trop quoi en attendre, c’était mieux que Disneyland. J’ai lu plein de livre sur le vieux continent mais c’est encore plus dingue en vrai !

Et en ce qui concerne les publics. Qu’avez-vous pensez des Européens par rapport aux Américains ?
Javier : Bah ça dépend ! Les Belges ne sont pas très expressifs.
Justin : on devait attendre 10,15 secondes entre chaque chanson pour avoir des réactions. C’est assez bizarre parce que ça se voit qu’ils appréciaient notre musique mais ils ne savaient juste pas quoi faire, par contre les gens à Stockholm sont bien pour faire la fête.
Et qu’attendez-vous de ce soir ?
Justin : Des gens beaux, bien habillés qui seront là en train de nous regarder les bras croisés. (rires)

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir des musiciens?
Javier: C’est mon père qui m’a donné envie d’être musicien
Justin : Il t’a appris à jouer Wonderwall non ? (rires)
Javier : Ouais, c’est même la première chanson que j’ai écouté ! iIl m’avait donné un cahier avec des partitions des Beatles et j’ai dû tout apprendre !
Jack : Moi c'est plutôt mon amour pour la musique et mon père aussi jouait de la guitare ! j’ai une famille de musiciens donc ça a été assez naturel pour moi.
Peter: Je ne me souviens pas quand la musique a été LE truc, j’ai commencé assez jeune en fait.
Justin : A six ans non ?
Peter : Non à trois ans !
Justin : Putain !
Peter : Ca a toujours fait partie de moi je pense.

Qu’est-ce que vous savez dire en français ?
Justin : j’ai fait trois ans de français au lycée, je parle assez bien seulement quand je suis bourré (rires) Sinon je suis trop nul !
Jack : Vas-y présente toi !
Justin : « Je m’appelle Justin »
Psychedelic Electric : Bah c’est pas mal !
(Il nous tape dans la main)
Jack : On s’est rencontrés en cours de français (en parlant de Peter). Vas-y toi !
Peter : « Ce matin pour la première fois j’ai mangé des céréales sans lait, c'est fou je sais! »
Justin : (en parlant de la montre de Zohra) Laisse-moi t’acheter ta montre, elle est trop cool !
Javier : Elle est « hella cool »
Justin : Qu’est-ce que vous savez dire en argot américain?
PE : wassup, nigga, dude…
Javier : Là on est plus en train de chiller qu’autre chose
Justin : Pardon mec, aller on se concentre...

Si on allume votre Ipod qu’est-ce qu’on trouve ?
Justin : Chantal Goya, My bloody Valentine, The Cure, James Brown, The Smiths, New Order, de la Dub et plein de trucs cool. Mais je suis sérieux à propos de Chantal Goya, vous l’écoutez ?
Psychedelic Eelectric : Quand on était petites oui mais plus maintenant.
Justin : Le groupe Wild Nothing a repris une chanson de Chantal Goya « la pluie du ciel », ça veut dire quoi d’ailleurs ?
PE : « the rain from the sky »
(ils rigolent)

Quel est votre pire concert ?
Justin : Je pense pas qu’on ait déjà fait de mauvais concert en terme de qualité, étonnamment ! (rires) Mais on a fait un concert en Allemagne, la première partie de cet horrible groupe nommé « The Blood Arm » personne n’était au courant du coup y’avait genre dix personnes. C’était super décevant, on n’a jamais joué devant si peu de personnes.

Quelle est la chanson que vous préférez jouer en live ?
Justin : From The Morning Heat
Javier : Your Tomb

Pouvez-vous décrire votre musique en 4 mots ?
Justin : Romantique
Jack : Jungle
Javier : Pop
Peter : Tune

On a regardé le clip de Your Tomb et franchement on a pas tout compris vous pouvez nous expliquer?
Javier : On va faire les détectives pour vous. On a envoyé Justin comme espion parce qu’on pense que cette fille est une meurtrière, il va chez elle parce qu’elle lui a préparé une fête d’anniversaire. On utilise Justin comme espion donc on a mis un micro sur lui, tu vois que y’a une grosse tension entre eux tu sais pas si elle va lui faire l’amour ou le tuer. Finalement elle le tue (rires)
Jack : elle nous tue d’abord !! Elle nous tue avec du gaz qu’elle met dans notre voiture.
Justin : C’est très mielleux, c’est censé être très kitsch, retro.
Javier : Après tu lui fais l’amour !
Justin : Ça c’est toi qui vois, chacun peut interpréter comme il veut ! Mais c’était super fun à faire, on bossait 12 heures par jour il faisait super chaud !
Javier : Et cette moustache ! C’était une moustache faite avec des poils humains, c’était horrible à porter.

Vous êtes plus Psychedelic ou Electric?
Justin : La vie est plutôt psychédélique. Mais tu vois par exemple notre premier concert était plus brut parce qu’on était nouveaux et on voulait frapper fort, on jouait les chansons vite, très vite même ! A partir du second concert on a commencé à ralentir, à utiliser nos pédales pour créer des effets, une atmosphère. Donc on est plus psychédéliques mais avec un côté énergique. Je crois que c’est la réponse la plus constructive de toute l’interview !

13 juin 2011

Interview: HOLSTENWALL

copyright photo: Gwenaelle Colin

On pensait réellement que la scène musicale française n'avait plus rien à nous offrir après toutes les horreurs qui sont sorties ces derniers jours (oui, je fais allusion à la gourde de Secret Story et son "truc de ouf"). Niveau rock, on s'était un peu perdus il y a quelques années avec les bb rockeurs mais il semblerait que la scène parisienne n'ait pas dit son dernier mot. Pendant que les Naast et autres occupaient le devant de la scène, des groupes avec un réel talent s'entrainaient dans l'ombre. C'est le cas pour Holstenwall, quatuor parisien de post-punk, qui n'ont pas fini de faire parler d'eux avec la sortie de leur EP 'Podium #3' chez Third Side Records (que vous pouvez commander ici). Entretien avec trois des membres du groupe...

1/ Comment ça va par cette chaleur ? Vous êtes prêts pour ce soir ? [ndlr : Ils jouaient à la Flèche d’Or]
Camille : Ca va, même s’il fait chaud on est carrément prêts ouais.

2/On a reconnu l’origine de votre nom [ndlr : Holstenwall est la ville dans lequel se déroule le film Le Cabinet du Dr Caligari] et du coup on voulait savoir ce qui vous intéressait dans l'expressionnisme allemand. Est-ce que vous vous en sentez proches ?
Camille : Déjà à la base c’est très difficile de trouver un nom de groupe. Je sais pas comment on en est venu à tous se mettre d’accord sur ce point là. Je pense que ce qui nous intéresse là-dedans c’est tout ce qui tourne autour de l’atmosphère, de l’ambiance et notamment dans le Cabinet du Dr Caligari les décors de la ville nous ont vraiment troublé parce que c’est censé être le reflet de la personnalité des gens qui y vivent. On trouvait ça intéressant cette idée de « ville monde », « ville d’esprits ». On a voulu faire de la musique qui soit considérée comme un reflet de cette « ville monde ».

3/Comment définir votre musique en trois mots ?
David : Acide
Camille : Moi je dirais marécageuse, une espèce de vase tu vois. Tu prends de l’acide dans un marécage plein de vase.
Antoine : Du béton.

4/ Qu’est ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?
Antoine : C’est une question dure là…
Camille : Je sais pas… Pour moi c’est venu naturellement. Je viens d’une famille où tout le monde fait de la musique et j’étais le seul à ne pas en faire, peut-être pour emmerder le monde.
David : Moi c’était plus une alternative à la parole, c’est un mode d’expression différent. C’est aussi une façon d’exprimer ce que je peux ressentir et que j’arrive pas forcément à dire autrement.
Antoine : C’est plus un besoin d’équilibre en fait par rapport à tout ce qui peut m’arriver dans ma vie, c’est un moyen différent de dire les choses.
Camille : Pour tous les trois c’est naturel en fait.

5/ Pour en revenir au thème de l’expressionisme allemand, est-ce que vous vous sentez proches de l’univers de groupes londoniens du style Horrors, Factory Floor, O Children, etc ? On s’était vraiment intéressées à eux et dans votre musique on a l’impression de retrouver des points en commun.
Antoine : Bah déjà les O Children on les connait un peu au niveau humain donc ça fait déjà un lien. On a beaucoup écouté le deuxième album des Horrors et puis c’est vrai qu’il y a des similitudes mais c’est pas parce qu’on a voulu faire la même chose, c’est juste qu’on trouve des choses similaires dans notre façon de composer.
David : Moi le côté production m’a vachement surpris sur le dernier album des Horrors, et même sur celui d’O Children, parce qu’ils ont été bien entourés. Je me suis rendu compte que c’était hyper important d’avoir d’autres personnes autour de nous. La production d’un album, comme pour nous avec la production de l’EP, c’est pas qu’un travail de composition, y’a les arrangements aussi, ça ne peut pas être produit par n’importe qui.
Antoine : C’est pas juste des compositions ni des accords, c’est tout un travail sur l’ambiance sonore et l’univers.
Camille : Après si on fait partie de la même scène je pense pas, j’ai jamais eu l’impression qu’on fasse partie d’une scène. Mais en tout cas c’est clair qu’au niveau de la production on se sent plus proches d’eux que d’autres groupes français. Moi je trouve ça génial qu’il y ait plusieurs groupes dans le monde qui s’intéressent à cette atmosphère, à ce genre d’ambiance un peu glauque.
Antoine : Et justement on nous a déjà fait la remarque qu’on ne sonnait pas forcément français et on est plutôt contents de pouvoir se détacher de tout ce qui peut se faire en France. Les gens se posent beaucoup moins la question de savoir si un groupe est américain ou anglais, ils s’intéressent directement à la musique tandis qu’en France c’est différent, les gens se disent « ah un groupe français ». C’est pas qu’on essaye d’avoir le même statut mais on veut être considérés plus par ce qu’on fait que de là où on vient.

6/ Si vous pouviez jouer avec un artiste, mort ou vivant, ce serait qui ?
Camille : Moi je dirais John Cage parce qu’il avait une vision de la musique, de l’art complètement malade, surtout au niveau de l’expérimentation.
Antoine : Alan Vega.
Camille : Ouais mais Alan Vega il est pas mort !
Antoine : Mais la question c’est mort ou vivant. T’es tout de suite dans le morbide toi ! (rires)
David : Euh je dirais Robert Wyatt.
Camille : Et Prince aussi. En fait j’hésite entre John Cage et Prince, je pourrais faire un énorme groupe avec John Cage, Prince, Robert Wyatt et Alan Vega. Ce serait mortel n’empêche ! (rires)

7/ On a vu que vous aviez tourné un peu à Londres et Berlin. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur les publics étrangers ? Qu’est-ce que vous préférez au niveau de l’ambiance ?
Antoine : Euh c’est même l’ambiance au niveau de la ville qu’on préfère par rapport à Paris. On est toujours surpris par l’accueil à l’étranger parce qu’on s’est habitués à être mal reçus à Paris.
Camille : Ouais, à chaque fois qu’on joue à Berlin on est un peu comme des princes. Même au niveau de l’ambiance de la ville c’est vraiment pas comme à Paris, y’a aucun stress et du coup on arrive sur scène complètement détendus. Je pense pas que ce soit lié au pays mais plus à l’état d’esprit des gens, si à Paris on avait un état d’esprit plus cool, plus détendus et moins dans le jugement, je pense que ça se passerait mieux.

8/Est-ce que vous avez le souvenir d’un pire concert ?
David : Pire concert ou pire ambiance de concert ?
PE : Comme vous voulez.
Camille : Je pense que David c’est la mémoire du groupe.
David : (il réfléchit) Bah y’en a plusieurs en fait. Là où on a été le moins bien reçu ça devait être à Londres je pense et le pire concert qu’on ait fait à Paris c’était au Be There, c’est la seule salle de concert sur l’Ile Saint Louis, et c’est une blague, vraiment une grosse blague.
Camille : Ouais mais le problème de Londres c’est que y’a toujours 4000 soirées en même temps et du coup les gens sont un peu divisés.
Antoine : En même temps à Londres la musique c’est surtout un business, n’importe qui peut organiser une soirée pour se faire de la thune. C’est ça qui est différent à Berlin, les gens ne cherchent pas forcément à se faire de la thune. A Londres on avait été payés £20, ce qui est assez peu, et on faisait le déplacement par nos propres moyens.
Camille : Je pense qu’on s’attendait à mieux mais bon quand on y retournera ce sera différent.

9/ Notre webzine s’appelle Psychedelic Electric…
Camille : Tu vas nous demander si on est plutôt Psychedelic ou Electric ?
PE : Bon bah t’as cassé la question, merci !
Camille : Non mais on la refait, vas-y ! (rires)
PE : Alors, Psychedelic ou Electric ?
Holstenwall : Bah on est carrément Psyche !!
David : Moi je dirais quand même Electric…
Antoine : Ah ouais pourquoi ? Vas-y développe !
David : Les 2/3 sont Psychedelic alors moi je suis Electric
Camille : C’est le bon cocktail alors, 2/3 de Psychedelic et 1/3 d’Electric.

10/ Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?
Camille : En ce moment j’écoute pas mal de Factory Floor.
Antoine : Moi j’écoute la démo d’un groupe parisien, des potes à moi, c’est vachement bien. C’est un peu dans la veine d’Animal Collective mais bon, ce serait réduire ce qu’ils font à du Animal Collective. C’est un peu difficile à décrire alors il vaut mieux l’écouter pour se faire une idée.
David : Bon bah puisqu’on fait de la pub pour les potes, moi j’écoute Mister Soap & The Smiling Tomatoes, ils ont pris un virage un peu lounge, c’est pas mal.
PE : Vous avez un peu tournez notre question en promo pour les potes là pour le coup !
Camille : Moi j’ai pas fait de promo hein, je fais ce qu’on me dit ! (rires)

11/ Pour en revenir à l’EP qui vient de sortir, quelles sont vos influences dessus ?
Camille : Est-ce que vous l’avez vu ?
PE : Non pas encore…
Camille : Aaaah alors vous ne pouvez pas en parler sans l’avoir vu ! (Il nous tend un EP)
PE : Ah ouais la classe, pas mal le vinyle transparent !
Camille : On fait ça parce qu’on est super fiers, on est un peu comme des gosses.
PE : Donc pour en revenir à ce magnifique EP, quelles ont été les influences ? On sent quand même une évolution dans votre musique.
David : Oui c’est clair ! Déjà pour cet EP on était un peu plus à travailler dessus, les gens du studio nous poussaient à nous dépasser.
Camille : Et puis on nous a laissé un peu plus de temps. Quand tu enregistres quelque chose en urgence t’as un peu plus d’énergie mais y’a toujours quelque chose auquel tu avais pensé que tu ne peux pas enregistrer. Là, on a fait ce qu’on voulait vraiment, on a mis des enregistrements de piano, c’était génial ! En fait, là où ça a changé c’est qu’on a vraiment visualisé l’EP comme si c’était un album sans forcément aller jusqu’au concept d’album mais imaginer un cheminement avec un début et une fin, avec différentes variations, différentes intrigues.
David : Au niveau des influences je sais pas s’il y en a vraiment mais au niveau des sonorités j’ai essayé d’avoir une vision différentes pour les 4 titres qu’on a fait. Et puis étant donné qu’on avait la possibilité de faire beaucoup de choses ça nous a permis de créer des ambiances particulières à chaque fois. Pour les 4 titres la hiérarchie était complètement différente et c’est assez intéressant je trouve. D’ailleurs c’est pour ça que les morceaux ne se ressemblent pas vraiment, les sonorités sont différentes et le mixage aussi.

12/ Pour vous cet EP se rapproche d’un album mais est-ce que vous avez envisagé de faire un album ?
Camille : C’est pas une question d'être prêts ou pas, c’est plus une question de besoin des gens. Je pense pas qu’un album soit nécessaire pour le moment.
David : Moi je me sentirais pas prêt à faire un album avant un moment en fait.
Camille : Tout à l’heure on parlait d’évolution sur l’EP, j’aimerais vraiment qu’on passe par d’autres évolutions avant de faire un album. Pour l’instant on est toujours en mode laboratoire, expérimental.

13/ Qu’est ce qu’on devrait dire à nos lecteurs pour qu’ils l’achètent ? On va déjà dire qu’il est très beau mais ensuite ?
Antoine : Bah déjà y’a des pistes différentes que sur internet.
Camille : C’est toujours plus agréable d’avoir un vinyle, c’est un objet qui a une histoire quand même.
David : Le truc c’est que si tu l’écoutes en mp3 tu peux faire d’autres trucs en même temps, alors qu’avec le vinyle tu le mets sur ta platine, tu te poses et tu l’écoutes.
Camille : Pour nous c’était naturel de choisir le vinyle, on s’est pas posés la question entre le support CD ou vinyle, on est pour le retour du vinyle. L’EP est vraiment important pour nous, on espère le partager et on sait qu’on ne pourra pas le partager autrement.

5 juin 2011

Interview: The Toxic Avenger



Nous sommes parties à la rencontre de Simon alias Toxic Avenger à l'occasion de la sortie de son premier opus 'ANGST'


Peux-tu te présenter ?
The Toxic Avenger: je m’appelle Simon Delacroix. Je fais de la musique sous le pseudo de The Toxic Avenger depuis longtemps maintenant.

D'ou vient ton nom ?
TTA: Il y a quelques années j'étais dans un groupe de Hip-Hop et on nous a contactés pour nous dire que nous avions été sélectionnés pour être sur la compil CQFD des Inrocks. Et j'avais toujours pas de nom de scène ils m'ont appelé et a ce moment je mattais le film "The Toxic Avenger" et que j'avais pas d'idée j'ai donné ce nom et depuis je l'ai gardé.

Quelles sont tes influences de façon général?
TTA: En fait je suis super influencé par les paysages. Les montagnes, la nature, d'ailleurs la pochette c'est un paysage c'est moi qui l'ai faite.

Es-tu plus Psychedelic ou Electric ?
TTA: Bah avant quand je prenais plus de drogues j'aurais dit psychedelic (rire) mais aujourd'hui et plus sérieusement je dirais Electric.

Pourquoi as-tu choisis de faire de l'electro ?
TTA: Quand j'étais plus jeune je faisais de la musique sur un logiciel tout pourris ça m'amusais. Dans l'electro ce qui est cool c'est que tu peux être tout seul avec ton matos. Quand t'as une idée en tête tu peux faire exactement ce à quoi tu pensais. Et de l'autre côté si t'arrive pas à un résultat bah tu peux aussi t'en prendre qu'à toi même et puis c'est aussi et beaucoup pour la thune rire.

Racontes-nous ton pire live.
TTA: une fois je suis allé jouer dans le fin fond des États-Unis dans un bar ou y'avait trois cowboys j'ai commencé à jouer et là, ils m'ont dit 'ah non ça ne va pas être possible" (rires). J'ai remballé c'était pas très marrant. Mais depuis je tourne pas mal aux États-Unis et ça se passe mieux.

C'est quoi l'endroit ou tu rêverais de jouer ?
TTA: Il parait que le Sziget festival (NDLR: en Hongrie) est assez dingue. J'aimerais bien jouer à Coachella aussi (NDLR: à Los Angeles aux USA) .

Parles-nous de ta collaboration avec Orelsan.
TTA: J'avais écouté sa musique et j'avais beaucoup aimé. Comme on avait une connaissance commune j'ai demandé à le rencontrer. On a fait un essai et ça a bien collé, du coup pour 'ANGST' j'ai voulu faire un duo avec lui et notre collaboration n'est pas finie on a plein de projets mais je vais trop vous en dire (rires).

Tu peux nous parler de 'ANGST' (je peine un peu à le dire)
TTA: T'as vu c'est chiant à dire ! (rires). J'ai voulu me poser et faire un vrai truc avec un début et une fin, un truc que tu peux écouter chez toi qui fait moins son de boite de nuit.

Il est plus accessible donc ?

TTA: Bah si ma grand mère peut l'écouter sans dire que c'est de la musique de sauvage alors oui et puis je serais très content. En tout cas c'est pas ce que j'ai cherché à faire, c'est plus un aboutissement de toutes mes années de travail.

Quand t'étais jeune, t'étais un skateur ou un rappeur ?
TTA: Tu sais à mon époque c'était différent. Aujourd'hui tout le monde écoute de tout, un peu de rap, de rock, de l'electro... Moi quand j'étais jeune c'était soit tu étais un skateur soit un rappeur. Moi j'étais un skateur avec les fringues, le skate, la mèche et tout ce qui va avec. J'écoutais blink182, Slipknot, Korn les premiers albums c'était de la balle... Mais j'avoue que de temps en temps j'écoutais des skeuds de rap mais en douce personne ne devait le savoir (il rigole).

A découvrir également le premier titre extrait de "ANGST" "Never Stop"


The Toxic Avenger "Never Stop" ft Robert Bruce... par The-Toxic-Avenger

10 mai 2011

Interview: SCARLET QUEENS


On a rencontré les mecs de Scarlet Queens à l'occasion de la sortie de leur nouvel EP, Outside Play, et croyez-nous ces gars iront loin alors suivez les de près ! Et puis si vous ne nous croyez pas, allez écouter leurs morceaux dans le player à la fin de l'interview...


PE: Bon alors, comment ça va ?
Gaspard: Très bien, très très bien.
Quentin: On vient de manger donc on est un peu mou…
Gaspard: Ouais on a mangé un truc japonais dégueu.

2/ Pourquoi avoir choisi « Scarlet Queens » ?
Gaspard: En fait ça vient du nom qu’on donnait aux prostituées de luxe à Londres au XVIIIe siècle et on trouvait que c’était un nom très imagé qui collait à ce qu’on avait envie de faire en tant que musiciens.
Raphael: Ca évoque un univers très rococo, en même temps glamour, assez kitsch, très flamboyant.
Gaspard: Ouais, c’est le nom d’une variété de roses également donc ça nous permettait d’avoir un truc graphique au niveau de l’identité visuelle ça ouvrait sur énormément de choses.

3/ Et au niveau du nom, comme c’est apparemment un nom de prostituée, c’est que vous êtes des garçons…
Gaspard: … On est des garçons très faciles !
PE: Donc ça vous représente ?
Raphael: Bah en fait Gaspard est gigolo à mi-temps.
Gaspard: En fait je l’ai été (rires) Non mais c’est vrai !
Raphaël: Enfin il est mannequin donc c’est pareil (rires)
Gaspard: Ouais maintenant je suis mannequin mais avant j’avais des coups de fils de personnes âgées mais j’ai jamais eu de rendez-vous. (rires) Non mais c’est vrai, autant le dire j’étais sur un site et je m’appelais Léonard sur le site…
PE: D’accord, on le dira à nos lectrices.
Gaspard: Ouais mais vous n’êtes pas obligées de le mettre dans l’interview…
PE: C’est à nous d’en juger ! Attention quand même à ce que vous dites (rires)

4/ Bon et sinon, vous pouvez nous parler de votre EP qui vient de sortir ? Pourquoi est-ce qu’on devrait l’acheter ?
Raphaël: Parce qu’il est bien et qu’on l’a fait avec amour.
Gaspard: Pourquoi vous devriez l’acheter ? Parce qu’on y a mis tout notre cœur, ça mérite d’être écouté.
Raphaël: En fait ça fait beaucoup de temps qu’on travaille dessus. Certains morceaux sont des anciens morceaux du groupe qu’on a réadapté en électronique. On l’avait déjà fait pour un ancien EP et là on le refait encore plus. On a passé deux mois cet été en résidence dans un studio pour tout maquetter, pour tout répéter, trouver le plus d’idées possibles. Et donc grâce au travail préparatoire on a pu aller encore plus à fond dans les choses qu’on voulait faire. Il y a encore des pistes à explorer mais ça on le fera après, pour nous on a quand même été là où on voulait sur cet EP là.

5/ Et du coup quelles ont été vos influences sur l’EP ?
Gaspard: Elles sont multiples et très variées. On a tous les trois des univers assez différents et si on rajoute le batteur et le bassiste qui, eux aussi, ont leur univers c’est un mélange de tout. C’est ça l’avantage, c’est ce qu’on voulait faire. Raphaël a apporté peut-être plus d’influences electro.
Raphaël: Au départ on a quand même une basse commune et puis pour chacun on a nos trucs spéciaux. Moi dans l’electro c’est très Warp. J’écoute beaucoup Jackson & His Computer Band, Flying Lotus, SebastiAn aussi m’a pas mal influencé.
Gaspard: Pour ma part c’est vrai que c’est plus le côté rock vintage, années 60-70, les Velvet, David Bowie, les Doors… Tous les grands noms quoi. C’est peut-être plus mon univers.
Quentin: En ce qui me concerne, quand on enregistrait j’étais plus influencé par toute la vague années 90-2000 des groupes anglais comme…
Gaspard: Worlds Apart… (rires)
Quentin: Non enfin un peu trip-hop aussi genre Archive, Massive Attack, Porthishead, Kasabian… Y’en a pleins aussi, c’est très très vaste. On est influencé par tout.

6/ Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?
Raphaël: L’argent (rires)
PE: Ah bah c’est un peu foutu !
Gaspard: Ouais c’est clair. Je pense pas qu’on ait choisi la voie la plus facile, loin de là. C’est vrai que parfois je me dis que si on avait pu faire un parcours assez commun, aller dans une école bien, ça aurait peut-être été plus facile mais c’est juste la passion. Quand t’es passionné par quelque chose tu essayes de le faire à fond, on est dans une société où le rêve n’a plus vraiment de place.
Raphaël: Oh mec nan… (rires)
Gaspard: Mais je pense ce que je dis ! (rires) C’est risqué mais on essaye de le faire à fond. Si ça marche tant mieux, si ça ne marche pas tant pis.

7/ Pourquoi vous avez choisi d’utiliser l’anglais dans vos chansons ?
Gaspard: Pour s’exporter tout simplement.
Raphaël: Oui c’était plus pour le côté universel et aussi parce qu’on écoute des choses en anglais, c’est juste qu’on a l’habitude d’entendre ça.
PE: Vous avez jamais pensé à faire quelque chose en français ?
Raphaël: Si, Quentin a écrit quelques textes en français pour le prochain EP. Y’aura deux chansons en français. On n’est pas du tout bloqués dans l’anglais.
Quentin: J’écris mes paroles en français au début et ensuite je les traduis avec des potes bilingues mais on n’est pas focalisés sur l’anglais, ça c’est fait naturellement. On est dans une époque maintenant où en France, y’a pleins de groupes qui font des choses en anglais et ça marche, ça sonne pas bizarre, comme par exemple Naive New Beaters ou Phoenix.

8/ Et si vous pouviez travailler avec un artiste, mort ou vivant, ce serait qui ?
Gaspard: Wow quelle question superbe !
Raphaël: Bowie
Quentin: Brian Eno
Gaspard: Serge Gainsbourg, en fait y’en a tellement que c’est pas évident.
Raphaël: Moi en ce moment c’est la voix de Bjork que j’aimerais bien utiliser dans un morceau mais bon, ça n’arrivera jamais.
Gaspard: Sinon pourquoi pas avec des musiciens classiques comme des violonistes. Ce serait cool de travailler avec un orchestre.

9/ A part l’EP qui vient de sortir, vous avez d’autres projets en vue ?
Gaspard: Un maximum de concerts pour cette année. Le premier de la série ce sera à la Scène Bastille le 6 mai pour la Release Party. Le tourneur qu’on a trouvé va faire en sorte qu’on ait des dates régulières et on part cet été en résidence avec les producteurs, on va s’isoler à la campagne pour travailler et enregistrer le prochain EP.
Raphaël: Le prochain EP sera plus électronique, plus expérimental et sortira en janvier prochain. Sinon on compte aussi travailler l’aspect visuel, on veut faire de nouveaux clips, des choses interactives. On veut créer un univers visuel du groupe. Ça va être pas mal de boulot aussi parce qu’on y accorde vachement d’importance et pour l’instant on n’a pas eu beaucoup de temps pour se consacrer à une identité visuelle particulière.

10/ Et un LP c’est pas dans vos projets ? Parce que vous nous parlez d’un prochain EP, vous n’avez pas pensez à un LP ?
Quentin: Bah justement l’EP qui est sorti ce mois-ci est fait de pas mal d’anciens morceaux rock qu’on a réadapté en rock electronique, le prochain EP sera plus electro que rock, ce sera que des nouveaux morceaux. Et justement, pour le LP qui suivra en septembre 2012 ce sera une synthèse des deux, donc rock/electro. Ce sera deux aspects vraiment poussés et travaillés. On n’est pas encore prêts pour un album, il faut encore bosser.
Raphaël: On préfère attendre et prendre le temps qu’il faut pour sortir quelque chose de beton quoi.

11/ Un souvenir d’un concert qui vous a marqué ?
Gaspard: C’était au Cabaret Sauvage, Raph’ n’était pas encore dans le groupe à l’école. C’était pour un gala d’une école. La salle était incroyable, en plus ça collait parfaitement à notre univers.
Quentin: Moi c’était au Showcase, on avait joué assez tard donc y’avait beaucoup de monde et c’était un de nos premiers concerts. On avait de la chance de se retrouver là, c’était un bon souvenir. C’était une salle cool, y’avait beaucoup de monde, on n’était pas très bons. C’était au début mais ça reste un très bon souvenir !

12/ Du coup comme vous êtes trois, vous pouvez nous donner un mot chacun pour définir votre musique ?
Gaspard: Voyage
Raphaël: Confrontation
Quentin: Euh… Je sais pas trop (il réfléchit). Euh je sais pas, allez jambon tiens ! (rires)

13/ Est-ce que vous êtes plus Psychedelic ou Electric ?
Raphael: Electric perso.
Quentin: Moi plus Psychedelic
Gaspard: Ouais moi aussi Psychedelic.
Raphaël: Bon bah j’me casse ! (rires)
PE: Bon bah c’est bon pour nous.
Gaspard: Ok bah à nous alors ! Vous vous êtes rencontrées comment ?
PE: On s’est rencontrées à un concert y’a 6 ans.
Scarlet Queens: De qui ?
PE: … De Keane (rires)
Quentin: Et vous avez commencé votre webzine y’a combien de temps ?
PE: Ca fait trois ans maintenant.
Gaspard: Alors pourquoi ce nom, Psychedelic Electric ?
Zohra: Parce qu’à l’époque où on a décidé de créer le webzine moi j’étais à fond dans la musique electro, j’avais complètement abandonné le rock et Ophélie écoutait que des trucs 60’s, de la musique yéyé, psychédélique…
Gaspard: Droguée va ! (rires)
Ophélie: Du coup on a décidé de créer Psychedelic Electric.


18 avr. 2011

Interview: FRIENDLY FIRES



Friendly Fires c'est un peu les mec les plus cool du moment. On est parties à leur rencontre dans les studios de Beggars avant leur show au Point Éphémère Jeudi dernier. Un moment riche en grosse marade croyez moi !

1/ Comment ça va ?
Ed: Super bien ! On est arrivés hier soir tard on voulait manger un truc typiquement français mais plus rien n'était ouvert alors on a juste bu des mojitos et voilà. Et vous ça va ?
PE: bah ouais ça va carrément bien.

2/ On a vu sur internet que malgré la chanson 'Paris', où vous faites un peu l'éloge de la ville, vous n'avez pas envie de vivre ici. Pourquoi ?
Ed: Je n'écarte pas la possibilité de vivre ici (rires). En fait je vis toujours chez mes parents à Hertfordshire parce que y'a vraiment rien à faire et donc je peux mieux bosser sur ma musique, mais maintenant que l'album est fini je peux peut être penser à bouger dans une ville comme Londres un peu mais après Paris peut-être... ou Berlin.
PE: Non non Paris c'est mieux !
Ed: (rires)

3/Ed, il t'arrive quoi quand tu es sur scène ? T'as franchement l'air d'être possédé ou un truc du genre.
ED: (rires) Euh en fait je crois juste que c'est naturel ! Peut-être que cette énergie vient de la musique punk hardcore qu'on faisait étant plus jeunes.
PE: On comprend d'où vient cette energie mais ça explique pas d'où tu as appris à danser comme ça ?
Ed: J'ai retrouvé des vidéos de moi vers l'âge de 5 ans en train de danser sur Michael Jackson complètement nu sur des rollers, c'est un peu déstabilisant (rires). Mais j'ai jamais pris de leçon de danse et je n'en prendrais jamais d'ailleurs.

4/ Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de votre prochain album ?
Jack: Bah je sais pas, qu'est-ce que tu veux savoir ?
PE: Absolument tout !
Jack: Oh la maligne (rires), bon je vais t'en dire un peu. Ça va être l'album de l'été, il est brillant et étonnant je pense que c'est un très bon album.
Ed: L'industrie de la musique a vraiment besoin d'un groupe comme nous en ce moment. Surtout quand tu regardes 2010, tu te rends compte qu'il y a eu presque que des groupes 'dark' en noir et blanc, très sérieux. L'été arrive, les gens ont besoin de couleurs, de choses qui bougent, je pense que l’album qu’on vient de faire est en mesure de leur fournir tout ça.

5/ Pouvez-vous décrire votre musique en trois mots ?
Friendly Fires: (ils rigolent) Encore ?
PE: C’est dur de faire dans l’originalité aussi !
FF: (ensemble) Chaveri, cheriveri, la charivrevie, Cha… verie
PE: Euh…
Edd: Bah ce n’est pas du français ?
PE: Pas à notre connaissance.
Edd: Ça veut dire vacarme, carnaval, optimisme. (il nous montre une carte)
PE: Aaaah « Charivari » (rires)
Edd: C’est un site web, ils nous ont dit qu’ils voulaient trouver un nom en rapport avec nous et du coup Charivari ça collait bien.

6/ On dit souvent que l'étape du deuxième album est la plus difficile, les gens attendent beaucoup du 2eme album parce que ça va confirmer votre statut ou l’infirmer. Vous êtes confiants là-dessus ?
Ed: Je ne pense pas que le deuxième album sonne plus Friendly Fires que le premier. Le premier album était plus un rassemblement de chansons pop qu’on a sorti en single ou qu’on avait depuis longtemps. Le second album a été enregistré en un seul temps, pour moi c’est un album pop coloré.
Jack: En plus quand je réécoute le premier album, je me rends compte qu’on était encore en phase d’expérimentation. Le deuxième album sonne plus comme nous en tant que groupe, il nous reflète plus.

7/ Pourquoi devrions-nous l’acheter ?
Jack: Parce qu’il est super bien ! (rires)
Ed: Tu devrais l’acheter parce que je pense qu’on est un des meilleurs groupes de pop du monde et on a un putain de bon album (rires). Non mais sérieux je pense qu’on a réussi à sortir de toute cette bouillie indie.
Edd: Je pense qu’on a quelque chose de spécial que les autres groupes n’ont pas. On est un des meilleurs groupes live. Vous venez au concert ce soir ?
PE: Ouais
Ed: Bah vous verrez alors !

8/ Si vous pouviez écrire/jouer une chanson avec un artiste (mort ou vivant) ce serait qui ?
Ed: je pense que je voudrais Big L en guest rap et Jay Dee (Jay Dila)
Edd: Mark. E des Falls (rires) pour qu’il abuse de moi, me traite mal, me jette des trucs dessus...
FF: (rire général)

9/Vous qui avez beaucoup tourné, quel est le meilleur public au monde ?
Ed: Euh il faut une réponse un peu diplomatique là je crois (rire). Attend je reviens (il aperçoit un chien qu'il veut inviter à l’itw mais malheureusement son maitre n'est pas loin)
Jack: Les mexicains sont complètement dingues, ils connaissent chaque mot de nos chansons, ils foutent vraiment l’ambiance, ils n’ont vraiment pas honte de ce qu’ils sont, ils ont confiance en eux, ils ne cherchent pas à être cool.
Ed: En tout cas notre meilleur concert à Paris était à la Cigale (Festival des Inrocks avec Foals). J’ai vraiment aimé ce concert, le public était vraiment jeune mais était très enthousiaste, il y a eu pleins de "stage invasion", depuis chaque concert a été vraiment déprimant… (rires)

10/ Qu’est ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?
Ed: John Bon Jovi. C’était quoi déjà l’album ? hum...
Edd: « Runaway » ? « have a nice day » ?
Ed: Non ! (il se met a chanter)
Edd: C’est Bon jovi ça ?
Ed: Mais non c’est Stereophonics ! Et toi Jack ?
Jack: Je sais pas... Des groupes comme Oasis ou Supergrass.
Ed: Mes parent n'écoutaient pas de la super musique. J’ai découvert Nirvana dans un magasin appelé « games workshop », c’est un espèce de magasin pour les geeks et ils passaient Nirvana, tout le monde dansait, c’était trop bien. Je me suis demandé pourquoi j'en avais pas entendu parler avant ! (rires)
11/On a l’impression que votre public est assez jeune non ? Edd: Je suis pas sûr, parce que en Angleterre y'a une limite d'âge requise pour aller à pas mal de concerts.
Ed: Non je pense pas, il y a toute sorte de personnes. Au dernier concert qu’on a fait à Londres, il y avait une dame d’un certain âge qui était collée à la barrière et qui ne bougeait pas. Elle me fixait en train de danser pendant tout le concert c’était super bizarre ! Je sais pas si elle a apprécié le concert.
Edd: Et elle aimait à ton avis ?
Ed: Non je pense vraiment pas ! (rires)
Edd: Bah bien sur qu’elle a aimé sinon elle serait allée au bar ! (rires)

12/ Etes-vous plus Psychedelic ou Electric ?
Ed: Il y a carrément un côté « trip psychédélique » dans notre musique mais en fait on est principalement electric. Bon en fait y’a une part de psychédélisme mais le nouvel album est plus electro.

13/Vous savez dire quoi en français ?
Ed: « du pain, du vin et du boursin » (il rigole)
Edd: On a appris le français à l'école donc je sais dire « je suis treize dans ma vacances, j’ai loué un gite, j’ai écrit une carte postale. » (rire général)
Ed: Ah ouais ces foutus cartes postales qui fallait envoyer aux parents c’était chiant.
Jack: "Je préfère la musique rock". Mais bon comme vous le savez, les anglais sont trop nuls en français ! On n'apprend rien à l’école, il faut avoir de vrais conversations pour apprendre à parler.
Ed: A chaque fois que j’essaie d’avoir une conversation avec mes amis français ils font des têtes bizarres. Je dis « je m’appelle Edward » et eux, ils réfléchissent 3h et font « ohhh je m’appelle Edward oui oui » et moi je me dis "mais putain qu'est ce que j'ai dit de faux ?!" (rires)

14/Vous connaissez quoi comme groupes français ?
Ed: Ah bah j’ai découvert il y a pas longtemps un groupe qui s'appelle The Silent Party j’ai vraiment trop aimé ! J’aime Jacques Brel aussi, mon grand-père m'en faisait beaucoup écouter quand j’étais plus jeune.
Jack: On a déjà joué avec Phoenix. Sinon on aime collectif « Get The Curse », Daft punk.

15/Quel est le pire concert que vous ayez fait ?
Ed: On a joué dans une université aux USA en plein milieu de l’après-midi. La veille on s’était couchés hyper tard et on avait pas mal bu. Je ne pouvais pas chanter la moitié de nos chansons.
Jack: Ca se passait en plein milieu de l'après-midi dans un campus ou il faisait super chaud. Les étudiants passaient devant nous sans s’arrêter, on était vraiment nuls ce jour là.
Edd: On a joué que la moitié du concert et on a été payé que la moitié de ce qui était prévu. Mais bon je pense que chaque groupe a besoin d’au moins un concert comme ça.
Jack: Au moins on a une bonne réponse à ta question ! (rires)

Merci à Beggars pour cette itw

19 févr. 2011

Interview: MELTONES


Il y a un petit moment déjà, nous avions rencontré les Meltones à l'occasion de la sortie de leur EP. Voici donc une petite interview des quatre parisiens. On vous recommande vivement de faire un détour par le Baron ce lundi 21 février si vous voulez passer un bon moment avec le groupe qui manquait à la scène rock française.

1/ Tout d’abord, comment allez-vous ?
Pierre: Ça va super, on a eu une journée un petit peu longue, c’est un truc qu’on ne fait pas beaucoup en ce moment [NDLR : les journées promo] mais c’est super cool.

2/ Pourquoi avoir choisi « Meltones » comme nom ?
Etienne: En fait, avant on avait un autre nom mais on a décidé de changer quand on a signé avec My Major Company pour prendre un nouveau départ. Donc on a décidé de changer de nom lors de la signature avec le label parce que notre ancien nom n’était pas très original et surtout il était déjà pris. [NDLR : ils s’appelaient Les Swans] Donc la veille de notre signature avec My Major Company, on s’est rassemblé chez Daniel pour trouver un nouveau nom. On n’était pas trop inspiré donc on a s’est dit « pourquoi ne pas regarder les rues de Londres » et on a vu une rue de Londres qui s’appelait Melton et c’est parti de là.

3/On retrouve beaucoup d’influences britanniques dans votre musique, quels groupes vous inspirent le plus ?
Pierre: On a tous été plus ou moins baigné quand on était jeune par nos parents et ce qu’ils écoutaient, c'est-à-dire des groupes des 60’s et des 70’s genre Led Zeppelin, The Beatles et Pink Floyd aussi. Et donc pour nous c’est venu naturellement, on a écouté essentiellement du rock britannique donc c’est ressorti naturellement.
Thomas: Après on écoute de tout mais c’est clair que ce qui nous a le plus marqué c’est des groupes comme Radiohead, Supergrass, Coldplay. Chanter en anglais c’était quelque chose de naturel pour nous.

4/Vous aviez déjà fait des chansons en français ou alors il y avait déjà cette idée d’écrire en anglais ?
Thomas: Dès le début on a écrit en anglais, c’était évident. On a essayé d’écrire en français mais c’était vraiment lamentable (rires). On n’est pas allergique au rock français mais nous on n’y arrivait pas.

5/ Comment vous vous êtes rencontrés ?
Daniel: On s’est rencontré au collège, en 4e/3e. Thomas avait déjà commencé à faire de la guitare et il faisait déjà du piano depuis un certain temps, Étienne faisait aussi de la batterie depuis pas mal d’années. Les deux se sont dit « bon bah faisons de la musique » et comme on était tous potes, Pierre et moi on s’est mis à faire de la guitare. Ca a commencé par des reprises de groupes qu’on écoutait et après on a fait des compos.
6/ Et avec My Major Company ça s’est passé comment ?
Pierre: A l’époque on ne pouvait pas s’inscrire directement sur le site mais c’est une amie à nous qui a envoyé le lien de notre Myspace ou une maquette je sais plus et ils ont bien aimé à l’époque. Il y avait une dizaine d’artistes sur le label, Grégoire n’était même pas encore sorti, et ils ont bien aimé donc ils nous ont contacté. Forcément on a sauté sur l’occasion.
Etienne: On avait jamais vraiment fait de démarches avant, c’était un peu un coup de chance.
7/ Vous avez à peu près combien de producteurs ?
Etienne: 923, c’est pas mal !

8/ Et vous avez des contacts avec eux ? Comment ça se passe ?
Etienne: Sur l’espace producteur, y’a un espace dédié au dialogue entre le groupe et les producteurs, ça leur permet de donner leur avis parce qu’on les fait participer sur pas mal de choses, des choix. Parfois on doute sur certaines choses, par exemple une fois on a eu un doute sur un passage d’une chanson, on ne savait pas s’il fallait le garder donc on a fait écouter les 2 extraits et on leur a demandé ce qu’ils préféraient. Et puis c’est vrai qu’il y a beaucoup de commentaires, les gens nous donnent leur avis, ça nous éclaircit parce qu’on est vraiment dans notre truc, on travaille et parfois on est tellement dedans qu’on ne se rend pas compte du reste.

9/ Par rapport à vos concerts ça se passe comment ? Vous avez de bons échos du public ?
Thomas: Très bon ouais ! En plus là il commence à y avoir un peu plus d’activité sur le net avec l’EP qui sort, on a de plus en plus de passages radio donc il y a plus de monde à nos concerts. On le ressent et puis les gens sont plus réceptifs donc nous ça nous fait super plaisir.
Etienne : Ouais y’a pas mal de commentaire de fans sur internet qui nous soutiennent et puis en même temps on voit l’évolution aussi en concert, il y a plus de monde, plus d’ambiance aussi.

10/ Quels sont vos projets ?
Etienne: On a quelques plans là pour aller faire des concerts à l’étranger mais rien n’est sûr. De toute façon on attend de voir après la sortie de l’album, il sortira autour de mai. Et puis maintenant on se concentre vraiment sur le développement au niveau scène, on est en train de voir pour trouver un tourneur.

Merci à Ephelide pour cette interview.

18 janv. 2011

Interview: I AM UN CHIEN !!



Il y a bien longtemps qu'on n'a pas posté d'interview les cocos. Alors cette semaine, on est parties à la rencontre d'I Am Un Chien pour leur poser quelques questions. Au programme: du caniche, de la quiche et puis un peu plus de sérieux aussi...

1/ Alors, comment ça va ?
Douglas: Bah nous ça roule.
David: Ouais ça va, un peu fatigué.

2/ Comment ça a commencé I Am Un Chien ?
Douglas: Bah ça a commencé par un groupe de rock qu’on avait fait mais on n’avait pas un super bon batteur. Avec David on avait les mêmes idées, on voulait avancer très vite et justement on avait du mal à avancer rapidement avec ce groupe. Du coup on s’est mis à utiliser des logiciels, ça a commencé avec des sons electro, on a fait quelques sons à l’arrache et on a mis ça sur internet. Les gens ont vachement accroché. On était un peu surpris parce que à la base c’était plus une blague quoi et comme on a eu de bons retours on a continué.
PE: Et c’était centré vraiment sur de l’electro ou alors il y avait une réelle envie de faire autre chose ?
Douglas: Non en fait c’était plus des morceaux rock mais avec une batterie programmée pour pas se prendre la tête avec un batteur.
David: Pour avancer plus vite quoi.

3/ Et ce délire d’I Am Un Chien !! c’est quoi ? Vous aimez bien les chiens ? Faut nous expliquer.
David: Ouais j’adore les chiens ! Mais ça vient pas des chiens, ça vient d’une chanson des Pixies qui s’appelle Debaser et pendant le refrain ça fait « i am un chien andalusia ». Et du coup ça se prononce même I Am UN (à l’espagnol) Chien. On aimait bien l’alternance anglais/français. Et les points d'exclamation c'était juste pour insister sur le nom quoi.
4/ Vous avez une race de chien préféré ?
David: Moi j’aime bien les caniches noirs ouais ils sont sympas. Ou alors les pitbulls !

5/ Vous enchainez les concerts, après votre tournée cet été vous êtes aussitôt repartis. Comment ça se fait ?
David: C’est quelque chose qu’on kiffe vraiment en fait. Le public est toujours présent et si on pouvait être que sur scène on le ferait mais bon, y’a des moments où tu dois aller en studio pour justement renouveler le set. Mais sinon ouais on adore jouer, surtout à l’étranger parce que le public est vachement présent.
PE: Donc vous préférez jouer à l’étranger plutôt qu’en France ?
David: Non enfin quand tu vas à l’étranger t’es excité parce que justement c’est l’étranger et puis tu représentes ton pays quoi. Et puis tu défends ta musique, les gens savent qu’ils vont voir un groupe français tu vois. En même temps moi ça me stresse moins mais c’est aussi stressant parce qu’on se demande quelle va être leur réaction.
Douglas: Ouais quand tu vas à l’étranger tu repars à zéro.
David: Et puis ce qui se passe de plus en plus c’est que quand on va à l’étranger, les gens connaissent déjà le groupe depuis longtemps.
PE: Donc ça marche peut-être plus là-bas ou pas ?
David: Forcément !
Douglas: Ouais par exemple à Moscou, les gens chantaient et nous on ne s’entendait même pas chanter quoi, c’était ouf.
David: Et ça parfois tu l’as pas à Paris. Mais bon de toute façon on adore jouer en France… surtout en Bretagne.
PE: La Bretagne… Pourquoi la Bretagne spécialement ?
David: Non mais les bretons c’est notre meilleur public. Franchement, je pense qu’on a une énorme fanbase en Bretagne, à chaque fois qu’on joue là-bas c’est la folie, ils sont fous !
PE: Oui mais justement c’est peut-être parce qu’ils n’ont pas autant de concerts qu’à Paris
David: Oui c’est sûr mais on a une bonne ambiance à Paris aussi, à chaque fois tout le monde kiffe, on a plein de fans c’est cool. Mais je pense qu’en Bretagne ils kiffent faire la fête.
Douglas: Ouais y’a un bon esprit rock là-bas.

6/ Vous vous définissez comment ? Vous êtes plus des rockeurs ou des mecs de l’electro ?
David: On n’est pas des mecs de l’electro, non.
Douglas: On est plus dans un esprit rock.
PE: Oui mais si vous deviez définir votre style musical ce serait quoi ?
David: De l’heavy-electro, j’crois qu’on fait pas de l’electro rock… Moi je n’écoute pas trop d’electro ou alors très peu.
PE: Mais pourtant y’a quand même pas mal d’electro dans votre musique, donc ça vous a quand même un peu influencé, non ?
David: Influencé je sais pas.
Douglas: Non, on retranscrit toutes nos idées rock.
David: Genre « Waves » t’as quand même une grosse guitare genre taping qui est jouée en direct par Doug et le son est quand même vachement dégueulasse quoi… C’est plus punk qu’electro. Mais bon en même temps c’est hyper dur de définir réellement, l’electro c’est hyper vague. Pour moi electro bah c’est Pony Pony Run Run j’ai envie de dire mais en même temps c’est Justice aussi. Non quoique Pony Pony Run Run c’est plus electro pop.

7/ Et sinon, vous pouvez nous parler de votre nouvel EP ? On sent quand même une évolution, les morceaux sont plus rock que le précédent qui, lui, fait plus electro.
Douglas: Ouais carrément ! Là on a laissé plus de place pour la guitare, y’a plus de taping, de riffs, de metal, c’est important pour nous. Sur le premier y’a vachement plus de basse, de gros samples avec « 27 » par exemple. Mais là ouais, on voulait plus revendiquer le côté rock.
David: Après le premier EP on a eu une année où on a beaucoup joué et tout le monde s’est rendu compte que ce n’était pas deux djs en train de passer des morceaux donc on a commencé à se faire connaitre. Les gens ont vu que c’était plus une ambiance rock et du coup sur le nouvel EP c’est vachement important pour nous que les gens identifient plus le côté live. Il faut que tu te dises « ah c’est comme ça en live ». Le EP-2 nous correspond beaucoup plus, on a vraiment insisté sur les guitares, c’est super important pour nous.

8/ On aimerait bien comprendre une chose, y’a Stuck In The Sound, You! et puis vous. Comment vous vous organisez? C’est un crew? C’est juste des potes qui s’entraident?
Douglas: C’est la famille en fait.
David: Bah déjà José c’est mon frère donc c’est un gros truc. Et puis You! c’est Romuald Boivin et mon frère et puis voilà. Sinon c’est juste qu’on traine ensemble, on s’échange tous nos morceaux, on se fait écouter des trucs.
Douglas: Stuck nous influencent, nous aussi, on pioche tous un peu dans les groupes de chacun.
David: Quand on a des nouveaux trucs on leur fait écouter et s’ils n’aiment pas bah on ne le met pas forcément.

9/ Pourquoi est-ce qu’on devrait acheter votre nouvel EP?
David: Parce qu’il déchire ! (rires)

10/ Ok et du coup pourquoi est-ce que vous n’avez pas sorti directement un album?
David: On a sorti le premier EP après tout le buzz MySpace, les gens commençaient vraiment à s’impatienter, ils voulaient un cd ou alors un truc en digital sur leur iTunes avec un son très propre parce que les lecteurs MySpace et les mp3s c’était trop dégueulasse et les gens avaient mal aux oreilles ! Et puis il nous fallait vraiment une structure, on commençait à se faire connaitre auprès de la presse et des pros. Quand t’as un cd il faut le sortir avec un label et puis par chance le manager de Stuck In The Sound montait son label et du coup on a été sa première signature. Le premier EP s’est très bien vendu et ça a été la carte de visite pour tout le monde du genre « I Am Un Chien sort le EP attendu ». Ca a duré un an, c’était parfait et du coup le deuxième EP c’est une sorte de teaser avant l’album. Si on avait sorti l’album maintenant ça n’aurait pas marché, on n’était pas prêts, on avait encore besoin de se chercher pendant toute l’année du EP-1. Là, sur le EP-2 on a enfin compris sur quelle voie on veut aller et on peut enfin travailler l’album.
PE: Donc ce sera un album plus rock ?
Douglas: On sait pas, on est en encore à la composition. On construit petit à petit.
David: Ca risque d’être bien justement ! (rires) On va se surpasser, on ne va pas changer de méthode de travail mais c’est juste qu’on va passer 100% de notre temps à travailler l’album.

11/ Et c’est quoi la recette pour qu’I Am Un Chien ça marche ?
David: Alors tu mets un peu de tout ce que tu aimes, comme une grosse quiche. Tu prends un peu de Prodigy, un peu de Trash Talk, tous les groupes que tu aimes en fait. Tu mélanges tout et ça fait une grosse quiche et c’est trop nul en fait comme exemple (rires) En fait pour être I Am Un Chien faut pas se poser de questions, faut faire ce que tu aimes et puis voilà.
Douglas: J’aime bien l’exemple de la quiche ! (rires) Ouais faut être spontané en fait. A partir du moment où t’es spontané et que tu travailles avec des gens, tu leur files ce que t’aimes faire et les gens le ressentent. C’est la recette de tous les bons groupes, en fait du moment que tu te fous pas de la gueule des gens et que t’es sincère avec eux ça marche quoi.

12/ Et donc vous êtes vachement proches de votre public ?
Douglas: Ouais carrément !
David: On est super proches. Ce qui se passe c’est grâce à eux, c’est leur fidélité, ils sont tous sympa. On répond à tout le monde sur facebook, on les remercie après les concerts, on boit même des coups avec eux. On a même un de nos meilleurs potes aujourd’hui qui était un fan.
Douglas: On a quand même fait de bonnes rencontres.
David: On écoute leur avis. Si un mec nous dit qu’il a pas aimé alors on prend en compte son avis, c’est vachement important en fait. C’est le public qui te fait progresser. Tu peux pas te dire « ah ça y est ça marche, les gens ont aimé donc je travaille plus », c’était juste un soir mais le lendemain ça peut ne pas être pareil. Ca nous est déjà arrivé de faire un soir de ouf et le lendemain le même set et puis les gens bougent pas quoi (rires). Il faut jamais se reposer, c’est un travail continu, tu composes, tu bosses.

13/ D’ailleurs à propos de ce public, on a vu à plusieurs de vos concerts que c’était un public assez jeune. Est-ce que vous avez l’impression que votre musique ne s’adresse qu’à des jeunes ?
David: Non non ça nous arrive de voir des vieux (rires). C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de gens de 24 ans mais c’est super parce que le public jeune c’est le meilleur public, c’est le plus motivé. C’est super intéressant de voir que des fois on fait des titres qui sont hyper complexes et il faut vraiment –on ne veut pas se la raconter– connaitre certains groupes pour écouter ça et les premiers retours qu’on a bah c’est des gamins qui, je suis sûr, ne connaissent pas le groupe qui nous a influencé. Du coup on est super fiers parce qu’on se dit « aaah ils kiffent ça »
Douglas: J’me souviens du jour où on a composé « Waves », à la base on pensait que c’était ultra indé et au final on l’avait mis de côté parce qu’on trouvait pas ça terrible. On se disait que c’était la honte parce que y’avait pas de voix, y’avait que des chœurs et on trouvait que ça faisait kitch mais en fait ça a marché.

14/ Et si vous deviez travailler avec quelqu’un sur votre album, ce serait qui ?
David: Kanye West ! (rires)
Douglas: Non Pharell !
David: Ouais mais il est pourri son dernier album ! Sinon avec les Black Keys, ça pourrait être cool… Queen Of The Stone Age quoi. Bref, voilà.
PE: Ouais mais y’a pas de vraie réponse là.
David: Ok alors on va t’en trouver une ! On aimerait travailler avec… hum, bah j’sais pas
PE: Ça peut être un truc pourri mais original genre Dave, c’est un peu cool aussi
Douglas: Ouais ça peut être cool mais sinon travailler avec Bring Me The Horizon aussi.

15/ Bon et puis la dernière question. Psychedelic ou Electric ?
David: Ah oui ! Bah on est plus electric !
PE: Bon si vous nous aviez sorti psychedelic on se serait quand même posé des questions...


Merci à Ephélide pour cette interview

28 sept. 2010

On GOGO tous voir la première expo sur GAGA




Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé de la Gaga. Et bien cette erreur va vite être réparée car mon chemin a récemment croisé celui de l'excentrique, la fun, la charmante j'ai nommé Alexandra Boucherifi.
Mais alors vous vous demandez pourquoi je vous parle d'elle ? Nous ne parlerons pas de son look, aussi cool soit-il, mais plutôt de son nouveau projet; Alexandra prépare la première exposition au monde sur Lady Gaga qui se situera à la Galerie Chappe du 22 au 30 octobre. A noter que la Gaga sera en concert à Paris les 22 et 23 Octobre donc vous pouvez soit vous consoler de ne pas être au concert, soit prolonger le bonheur du concert en venant à l'exposition qui va être incroyable, croyez moi.
Voici donc notre entretien GAGAesque :


Psycehdelic-Electric: Qui es-tu ?
Alexandra Boucherifi: Je m'appelle Alexandra Boucherifi, je suis journaliste depuis une dizaine d'années, j'ai fait pas mal de choses, j'ai bossé dans des magazines de luxe, dans des émissions musicales à la télévision.

PE: Pourquoi as-tu choisi de faire une expo sur Lady Gaga ?
A.B: Parce que c'est un personnage extravagant dans le monde de la musique qui est aux confins de plusieurs arts et puis, comme elle repasse en France c'était l'occasion de faire quelque chose. C'est un personnage inspirant pour créer quelque chose d'artistique autour d'elle. L'idée a été très spontanée, j'en ai parlé au galeriste l'idée lui a plu et il m'a donné son feu vert, carte blanche pour l'exposition.

PE: Et donc pourquoi une exposition? C'est un vieux rêve ou juste une occasion qui se présente a toi?
A.B: Non, j'ai déjà exposé notamment mes propres photos à la galerie Chappe, mais aussi quand j'avais 20 ans j'ai co-organisé un défilé de mode où on a fait défiler des pièces de Patricia Field (styliste de Sex ans the City NDLR). J'ai déjà une bonne connaissance de la mise en place d'une exposition, de son déroulement etc. Ce n'est pas quelque chose qui vient de nulle part, en tant que journaliste j'ai beaucoup chroniqué les expositions. J'ai une bonne connaissance du milieu de l'art, de la mode et du luxe depuis mon plus jeune âge, j'ai d'ailleurs effectué mon premier stage dans la maison Hermès.

PE: Au niveau du personnage de Lady Gaga, comment vois tu les choses? Est ce que c'est juste un phénomène et tu en profites pour faire l'exposition parce qu'elle se place bien dans le contexte actuel ?
A.B: Non, elle se place bien maintenant parce que c'est la toute première. Il y a un caractère insolite et un effet de surprise, après dire que c'est un phénomène passager je ne sais pas. Maintenant quand on regarde les faits, elle a 5 millions de followers sur Twitter, elle a été déclarée la personnalité la plus influente par "The Times" c'est un personnage qui passionne, moi je ne suis pas une groupie mais le personnage m'intéresse. Après il y a une polémique sur le fait de savoir si sa place est justifiée ou non.

PE: Justement, à propos de cette polémique avec Madonna, à savoir si elle est juste une pâle copie ou bien si Gaga est, enfin, la relève qu'on attendait tant, t'en penses quoi toi?
A.B: Moi j'ai bien suivi le phénomène Madonna, je l'ai vu plusieurs fois en concert maintenant je vois que Madonna elle même passe le relais comme elle l'a fait avec Britney Spears. Il y a cette passation de relais générationnelle qui s'opère de facto, on les compare parce qu'elles ont des thématiques communes comme les gays, sur l'extravagance ou encore la provocation. Mais aller jusqu'à dire qu'elle la copie totalement non; je pense que Gaga va encore plus loin dans la provocation et l'extravagance, c'est probablement plus simple dans l'époque actuelle d'être gay friendly, provocante... On oublie aussi de dire que Gaga est une vraie artiste, Madonna à qui on la compare et qui est quand même la reine de la Pop, ne sait pas jouer d'un instrument. La Gaga qu'on l'aime ou pas, elle a un réel talent.

PE: Tu penses que toute sa carrière est planifiée ?
A.B: Elle n'est pas dans l'improvisation la plus totale, c'est sûr. Il lui faut plusieurs heures pour se préparer elle est très bien entourée aussi. Troy Carter son manager est quelqu'un de très important et influent dans la musique. Je ne pense pas qu'on puisse parler d'improvisation, je me demande même pourquoi les gens se posent cette question c'est pas l'intérêt du personnage.

PE: Pour en revenir au sujet central du Webzine quelles sont tes influences musicales ?
A.B: Alors il y a surtout un groupe que je peux écouter en toutes circonstances et en boucle c'est Kraftwerk. Sinon j'écoute des choses très différentes ça va des Beastie Boys à Sonic Youth. J'aime le rock et la musique électronique, la scène punk m'influence énormément de Nina Hagen a Sid Vicious etc. Lady Gaga qui serait leur fille spirituelle, et bien j'adore, maintenant je suis fan!

P.E: Tu crois que l'exposition va marcher ?
A.B: A l'heure à laquelle on parle il y a 1200 personnes qui participent à l'évènement sur Facebook. Au niveau presse l'évènement a été relayé dans le monde entier de Honduras à la Russie. Il y a une communauté de gens qui l'aime particulièrement et l'idée c'est de faire quelque chose qualitatif pas quelque chose de complètement attendu.

P.E: Que va-ton retrouver dans l'exposition ?
A.B: Pas mal de choses à vrai dire. Pour la partie mode, je travaille avec des designers qui l'ont habillée et qui fourniront des tenues que Gaga a porté dans ses clips. Au niveau plastique, j'essaie de faire appel à des artistes très différents, d'univers variés pour avoir un rendu varié et le postulat c'est quand même de coller à l'univers de Gaga.